“Bonne arrivée!”
La Côte d’Ivoire: une nouvelle mission, un nouveau pays, une nouvelle culture, des nouveaux challenges. C’est toujours unique et différent, mais l’appréhension laisse très vite la place à l’excitation et l’enthousiasme des débuts.
L’Afrique de l’Ouest est connu pour le coté extraverti et la chaleur de ses habitants. Après avoir entendu 250 fois, le coutumier “Bonne arrivée !!” de la part des membres de l’équipe et après avoir participé à la fête de départ de mon prédécesseur au rythme du très “caliente” coupé-décalé, me voici dans l’ambiance.
Même si dans les pays précédents où je suis allée, le français ou l’anglais souvent faisaient partie des langues officielles, la plupart du temps, les gens parlent uniquement des dialectes locaux ou d’autres langues et seuls les privilégiés qui ont eu la chance et l’argent surtout pour aller à l’école parlent français ou anglais. Ici, c’est la première fois que je suis dans une mission où tout le monde parle français ce qui facilite grandement l’intégration et le travail. C’est vraiment très agréable de ne pas être obligée d’avoir en permanence quelqu’un avec vous pour traduire chaque mot. Pouvoir communiquer avoir tout le monde, aussi bien le marchand du coin, que les gardiens, chauffeurs ou infirmières et pas seulement le staff senior, qui a eu la possibilité d’accéder aux meilleurs postes, grâce à leur éducation.
Mais sans doute aurais-je dû commencer par vous présenter un peu le décor. MSF est présente à Bangolo, petite village de 10.000 habitants situé près de la frontière avec le Libéria dans l’ex-zone de confiance. Un espace tampon qui a divisé le pays en deux pendant la guerre, séparant les rebelles des Forces Nouvelles au nord, des forces gouvernementales, Fanci, au sud et qui a canalisé les tensions et les violences. Suite à la signature de nombreux accords, la paix est revenue, mais derrière le calme
apparent, la sécurité reste parfois volatile. La guerre a drainé beaucoup d’armes dans le pays et les programmes de désarmement et le retour des autorités restant timides, le banditisme, accompagné souvent de violences sexuelles, reste dans cette zone un moyen facile de gagner rapidement de l’argent.
Le projet comporte de nombreux volets. Tout d’abord l’accès aux soins de santé primaire via un centre de santé et des cliniques mobiles pour les consultations externes, le traitement de la malnutrition et la vaccination, mais aussi un hôpital pour les soins chirurgicaux, obstétriques, pédiatriques, les malnourris sévères, le traitement de la tuberculose et petit à petit la mise en place d’un programme VIH/sida.
Il faut du temps pour appréhender tous les aspects d’un programme, le contexte historique et géopolitique, les contraintes sécuritaires, les problèmes médicaux, administratifs et logistiques. Mais pour l’instant, je découvre… Donc je vous en dirai plus la prochaine fois.
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