Dehors les réfugiés!

mars 22nd, 2009 by sarah

Bien que nous ne soyons pas directement touchés par les décisions de Khartoum ni victimes des mêmes traitements que nos malheureux collègues du Nord Darfour, la vigilance reste plus que jamais de mise et la tension est palpable.

Depuis quelques semaines déjà, des “redéfinitions” du territoire urbain sont mises en œuvre et cela favorise de plus en plus les tensions au sein de la population, contre le gouvernement mais aussi contre les ONG qui pour l’ instant ne peuvent rien faire.

Comme je vous l’ai raconté dans mon premier blog depuis le Sud Soudan, Juba est une agglomération de petits villages. C’est une ville qui s’ est reconstruite au rythme des arrivées des familles de réfugiés qui revenaient des camps installés dans les pays voisins où ils avaient fuit pendant les années de guerre.

Petit a petit des tukuls ou des baraques en tôle pour les plus démunis, ont poussés tels des champignons sauvages dans le centre et déjà la périphérie de la ville. Cela ne correspond pas vraiment au statut de capitale du Sud Soudan et il faut donc y remédier à la manière forte.

Sûrement aussi que la perspective du prochain référendum sur l’indépendance du Sud aura eu un impact sur la décision des autorités municipales de vouloir redessiner le paysage urbain et donc de détruire toutes les habitations dites illégales pour pouvoir construire de grandes artères goudronnées et redonner leur terres aux propriétaires qui pourront ensuite construire des maisons en briques et ciment, dignes d’ une capitale.

Si en Europe une famille menacée d’expulsion ne déménage pas, pourquoi en serait-il différemment pour une famille sud-soudanaise? Le problème est que les conséquences ne sont pas les mêmes pour les familles ici. Pas d’ association du droit au logement, pas de plan de relogement prévu donc pas de négociations possibles. La seule alternative proposée est un terrain loin en dehors de la ville, sans habitations, qui ne convient pas à leur vie et à leurs exigences de trouver un travail tous les jours pour nourrir la famille.

On assiste alors aux scènes trop connues des campement de familles entières installées sous des paraboles en attendant une meilleure solution qui ne semble pas venir. “On les avait prévenus il y a six mois et ils n’ ont rien fait.” Voilà la seule justification. Que pouvaient-ils faire? Dans ce drame, même mon petit artiste a vu sa baraque colorée réduite en tas de ferraille et donc sa seule source de revenus réduite à néant.

Aujourd’hui, 22 mars,  c’est la journée mondiale de l’ eau et il a plus toute la journée. Même si on pourrait croire que le hasard fait bien les choses en regardant la pluie tomber mes pensées étaient avec ces familles qui se retrouvent sans toit.

Posted in Générale

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