Prise de contact

mars 4th, 2009 by sarah

Me voici ici depuis presque quinze jours et même s’il me reste encore beaucoup à découvrir j’ai enfin explore Juba.

C’est une énorme ville faite de pleins de petits villages. La ville est divisée en Payâmes, qui eux sont divisés en 3 Bomas chacun, qui eux sont composés d’environ 3 villages. La structure traditionnelle est reproduite mais cela n’est qu’apparence. Tout le sentiment d’appartenance et de responsabilité envers la communauté a presque disparu.

Chochoa, un des 5 promoteurs d’hygiène, l’a dit avec une pointe de tristesse dans la voix. Il m’expliquait comment au Darfour, malgré les conditions difficiles tout le monde se sentait concerner. Tout le monde venait aux réunions, même la grand-mère de 70 ans qui avait du mal à se déplacer. Chacun prenait sur son temps personnel pour le bien commun. Ici il est très difficile de mobiliser la communauté.

Cela pose de gros problèmes car le projet repose sur une forte implication de la communauté dans laquelle nous réhabilitons les pompes à eau.

On demande à chaque communauté de créer un comité de l’eau qui devra s’occuper de le pompe une fois qu’elle sera remise en fonction. Les gens devraient s’organiser pour collecter une petite somme d’argent qui permettra de construire une barrière, entretenir les alentours de la pompe et faire des réparations si nécessaire. Cette autogestion semble simple si chacun voit le point d’eau comme essentiel à son quotidien mais ce n’est pas le cas. Non pas qu’il n’y ait pas l’eau courante dans toutes les habitations, loin de là. Les membres du comité sont élus et  sont souvent des hommes importants dans la communauté, ils doivent travailler ou chercher un travail et la gestion de la pompe à eau n’est pas leur priorité. Les femmes, elles, doivent s’occuper de leur famille, la nourrir, la laver, tenir la maison et avoir de l’eau potable à 20 mètres ou de l’eau non potable à 2 km de chez elle, avoir un enfant souffrant de diarrhée ou devoir payer pour le transport de l’eau fait une grande différence dans leur quotidien. Mais la société n’est pas encore prête à leur donner  toutes les responsabilités de cette autogestion.

Nous, dans ce milieu ou les populations vivent des aides d’ONG depuis des années, où le partage et le bien commun sont des valeurs presque oubliées, on va essayer de faire en sorte que les plus vulnérables ait accès à de l’eau potable, même après notre départ et que le choléra ne fasse pas de ravages. Comme je vous le disais, un beau défi en perspective.

Posted in Générale

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