Situation des enfants rescapés à Faradje
Je suis chauffeur au Pool d’Urgence au Congo. Cela fait plus de six ans que je suis sur le terrain. Mais ce que j’ai vécu cette fois-ci est vraiment touchant au point que j’ai des larmes aux yeux quand je vous le raconte.
En fait, à mon arrivée là où les enfants rescapés habitent (à Faradje bien entendu), j’ai aperçu un enfant qui écrivait une lettre à son père. “Papa, je sais que tu n’es pas au courant que je suis déjà à Faradje. Je me portes bien. Prions le bon Dieu pour que nous nous revoyons. Les autres amis avec qui j’étais en brousse sont pour la plupart morts“, relatait-t-il quand tout d’un coup, surgit une maman à la recherche de son enfant, lui également perdu.
Pendant que cette dernière se renseignait, dans la foule, un autre enfant ayant reconnu le fils de la dame, et s’était levé pour témoigner:“J’étais avec votre enfant en brousse. Malheureusement, Pendant l’attaque des rebelles, c’était la débandade totale, chacun courait de sa façon. Dans la fuite et après plusieurs jours de marche, j’ai perdu tout contact avec lui.”, avait-il conclu. Après ce lugubre récit, la dame, inconsolable, ne pouvait s’empêcher de fondre en larmes.
Quant au jeune garçon, il avait fini par trouver, heureusement, un adulte qui se rendait dans son village et qui avait accepté volontiers de le prendre avec lui. Après quelques semaines, il avait retrouvé ses parents, qui également venaient à sa recherche. Contrairement, à ce que vous pouvez imaginer, les premières minutes de la rencontre n’étaient pas célébrées avec faste, bien au contraire. Les parents serrant contre eux leur enfant retrouvé avaient éclaté en sanglot durant environs cinq minutes.
Après cette retrouvaille, il fallait faire face à d’autres dangers et pas les moindres. Hormis les mauvaises conditions de voyage ( parfois à trois sur une seule moto), des attaques pouvaient surgir à tout moment sur la route du village.
MBAKI Jean-Florent, chauffeur de l’antenne PUC
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