Docteur de formation et travaillant pour MSF à Kinshasa, je suis arrivé à Faradje, au nord-est de la RDC en Province Orientale, pour la prise en charge des malades à l’hôpital général de référence de Faradje.
De nombreux déplacés fuyant les attaques de rebelles LRA se sont installés ces derniers mois à Faradje. Ces personnes vivent dans un sentiment de peur constante. Peur d’être à nouveau attaquées et de devoir fuir à nouveau. La plupart ont tout laissé derrière elle et compte donc sur la générosité de la population locale pour se loger, vêtir et se nourrir.
La vie pour ces déplacés vivant dans ces camps se résume à ceci : chercher les vivres le matin, ce qui est facilité quand une aide alimentaire est apportée mais beaucoup moins évident si celle-ci n’arrive pas et construire une « maisonnette » précaire faite de branches et de feuilles. Pour eux, il s’agit plus de survie.
De mon côté avec MSF, je leur apporte une aide médicale. Les patients que j’ai soigné ces derniers mois provenaient de trois camps de déplacés situés l’un dans une école et les deux autres sur la route Nord-Est du village. Mais bien entendu, l’équipe médicale a également apporté une aide médicale à la population locale de Faradje et de ses environs.
A l’hôpital, je trouvais beaucoup de malades au triage, un monde fou qui grouillait partout et des enfants qui pleuraient sans cesse. Des blessés par arme de gravité diverse arrivaient de temps en temps.
Il fallait donc organiser le service pour répondre d’abord aux malades les plus urgents.
Les pathologies les plus fréquentes que l’on peut trouver à l’hôpital de Faradje sont le paludisme, les infections respiratoires, la diarrhée et les infections cutanées. Ces maladies sont facilement guérissables car les médicaments sont disponibles grâce à MSF. Malheureusement avant notre intervention, certains enfants de moins de cinq ans et certaines femmes enceintes sont décédées à cause de ces pathologies.
Après une sensibilisation sur la promotion des services hospitaliers, les femmes enceintes sont venues nombreuses pour accoucher à l’hôpital. Avant, elles préféraient accoucher à domicile chez les matrones ce qui est souvent une des causes de mortalité maternelle et des lésions suite à un accouchement qui a duré trop longtemps.
A l’hôpital nous soignons également de nombreuses personnes atteintes de maladies liées au stress, comme le mal de tête, les douleurs diffuses et les gastrites. Ces personnes sont en effet traumatisées par ce qui leur arrivé personnellement ou par ce qui est arrivé à un de leur proche. C’est pourquoi, MSF a mis en place un volet psycho-social.
La présence de MSF auprès de la population est donc très importante. Nous apportions non seulement une aide médiale et humanitaire ici, mais aussi un certain sens de normalité, tellement nécessaire pour toutes ces personnes traumatisées.
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© Miguel Cuenca
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Dr Jéhu Moleko, médecin PUC en intervention à Faradje, district de Haut-Uélé, province Orientale.