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septembre 25th, 2009 by Francoise

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Un matin sur le Monde

avril 21st, 2008 by Francoise

Le son très pur d’un chant venu de loin, une frange de lumière orange sur la cime des arbres, un filet d’air invisible et frais : voici un nouveau matin sur le Monde. Un ciel bas et lourd, quelques ombres indistinctes, la moiteur de la nuit qui n’en finit pas, et tout proche, le tintement incessant des calebasses sur lesquelles les enfants frappent obstinément : un autre matin du Monde, quelque part au coeur de l’Afrique.

Dès les premières lueurs du jour, ils se sont rassemblés autour d’une termitière sous un manguier et frappent sans relâche de leurs baguettes les couvercles de calebasses retournés sur le sol, imitant ainsi grossièrement le bruit de la pluie. Il s’agit de faire croire aux termites que la pluie tombe. Ainsi leurrées, elles vont en effet sortir de terre à la recherche d’une humidité illusoire. C’est à ce moment qu’il faut être subtil, les attraper avec promptitude et leur arracher délicatement les ailes. Quand le seau sera plein, on les fera griller, on les consommera aussitôt ou on en fera une pâte exquise. Parfois, les termites ne sont pas naïves, ou elles n’ont pas envie de sortir, et le long tambourinement des calebasses restera vain et inutile. Vous l’aurez compris, il s’agit moins d’un jeu que d’un moyen très aléatoire de récolter quelques précieuses protéines.

La famine ne fauche pas aujourd’hui en République centrafricaine. Il n’y a pas encore de révolte contre la faim comme en Haïti, au Cameroun, en Egypte ou au Bengladesh. Mais quand même, la vie n’est pas facile ici. Y aura-t-il encore demain un chant matinal très pur, une lumière orange accrochée aux arbres et un vent frais et vivifiant ?

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Le projet chirurgical de Batangafo

avril 14th, 2008 by valerie

Batangafo est une sous-préfecture du nord-ouest de la RCA où coexistent tant bien que mal quelques dizaines de milliers de civils, une poignée de rebelles armés, un quarteron de militaires sous-équipés et des bandes de pillards qui profitent du chaos général.

MSF a investi l’hôpital de la sous-préfecture et l’a transformé, je vous l’ai déjà écrit précédemment, en un « sanctuaire » qui accueille tous les malades venant s’ajouter à une situation déjà difficile à vivre.

Je vous passe la description des services de base qu’offre l’hôpital, notamment une superbe unité de traitement de la trypanosomiase (maladie du sommeil, mortelle et endémique dans cette région du monde), pour concentrer votre attention quelques instant sur le problème de la chirurgie en Afrique rurale, là où un bloc opératoire digne de ce nom se trouve le plus souvent à plusieurs centaines de kilomètres.

A titre d’exemple, selon l’OMS, en Afrique subsaharienne, 19% des femmes nécessitant une césarienne urgente auront la chance d’en bénéficier. 14% des hernies inguinales étranglées sont effectivement traitées. Vous pouvez aisément imaginer le nombre d’années de (bonne) vie perdue (Disability-adjusted life years) par absence de soins chirurgicaux rapidement disponibles. C’est le premier problème : les besoins sont immenses et non satisfaits.

Le deuxième problème est le gouffre sans cesse grandissant entre nous, chirurgiens du monde développé, et eux, médecins omnipraticiens du monde en développement. Ici, l’évolution rapide et la sophistication du plateau technique chirurgical va de paire avec une hyper-spécialisation croissante : nos techniques chirurgicales sont de moins en moins exportables, soutenables et reproductibles dans les pays en développement.

Le troisième problème est celui de la transmission du savoir. A un médecin africain n’ayant à sa disposition que ses cinq sens comme outil diagnostique et une instrumentation minimum, que peut enseigner un chirurgien occidental, rompu aux techniques de navigation, de chirurgie endoscopique, de chirurgie endo-vasculaire, de chirurgie thoracique vidéo-assistée, de laparoscopie, avec à portée de main un arsenal de moyens diagnostiques radiologiques et biochimiques pointus et variés ? Encore quelques années et nous ne pourrons même plus nous parler !

Le projet chirurgical de Batangafo tente modestement de répondre à cette problématique.

D’une part, MSF a ouvert un service de chirurgie, certes basique, mais parfaitement fonctionnel et bien adapté à la réalité du pays. C’est, en effet, le seul bloc opératoire digne de ce nom à plusieurs centaines de km à la ronde, dans une petite ville où il n’y a ni électricité, ni distribution d’eau, ni voirie, ni éclairage publique. Nous prenons en charge les urgences chirurgicales et autant que possible, les pathologies chirurgicales invalidantes. Environ 150 interventions sont réalisées chaque mois. La liste d’attente est longue.

D’autre part, avec un confrère chirurgien belge fraîchement retraité, nous avons entrepris un programme de formation de chirurgie de base destiné à quatre médecins généralistes centrafricains. Notre génération de chirurgiens est probablement la dernière à avoir été formée à la chirurgie générale telle qu’elle était pratiquée dans les années septante du siècle dernier (tout cela ne nous rajeunit pas), qui utilise un outillage simple et robuste et qui est la seule encore adaptée au milieu africain rural. Ces quatre médecins nationaux, souvent très isolés dans leur Centre de Santé, ont déjà et auront à faire face à des urgences chirurgicales qui menacent directement la vie. Nous avons ainsi passé en revue les pathologies les plus courantes en chirurgie abdominale, urologique, gynécologique, traumatologique et chirurgie de guerre. Jour après jour, nous leur avons montré nos techniques, démodées peut-être mais qui ont fait leur preuve, nous les avons assisté, encouragé et donne confiance en eux-mêmes, me semble-t-il.

Leur enthousiasme, leur ouverture d’esprit et leur absence de tout préjugé, a transformé notre tâche en un réel bonheur.

Le projet de formation touchera à sa fin en juin prochain et aura duré près de huit mois. J’espère que nous pourrons le répliquer autant que possible à l’avenir.

Pour ma part, je suis heureux d’avoir pu vous l’expliquer brièvement puisque c’est aussi grâce à vous et à votre soutien que nous avons pu le réaliser.

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La transfusion

avril 7th, 2008 by Francoise

Il est fréquent, dans les missions chirurgicales MSF, que l’on soit confronté à un besoin urgent et vital d’un peu de sang susceptible de sauver un moribond qui s’est vidé du sien.
Le fait est que nous étions confrontés l’autre jour à ce besoin aigu, sans aucun candidat donneur à l’horizon, lorsqu’une voix derrière nous se fit entendre :

- Moi, je veux bien essayer.

- Quoi, toi, le vilain combattant qui écume tous les villages environnants, que nous soignons depuis des semaines, qui est resté emmuré dans ton orgueil d’homme blessé, toi qui n’a jamais esquissé un sourire ou un merci quand nous nous penchions sur ta blessure avec sollicitude, voilà que tu nous proposes de donner ton sang pour un quidam que tu aurais peut-être tué quelques semaines plus tôt pour quelques maigres pistoles !

Ce n’est pas la première fois qu’il nous est donné d’observer cette étonnante transformation chez des patients hospitalisés de longue date. Extraits de force de leur milieu rude et violent, ici suite à une fracture ouverte par balle, ces combattants de la brousse, plus souvent confrontés aux problèmes de survie qu’à une idéologie révolutionnaire très élevée, subissent une transformation lente au contact du milieu hospitalier que nous avons investi et qui devient un sanctuaire, “une auberge où l’on refait le lit des gens pauvres et nus”, un refuge paisible où quelques bonnes médecines sont dispensées. Et cette bienveillance médicale est contagieuse !

Inversement, le culte de la violence, l’obsession de la survie, l’exaltation de la force brute dans lesquels vivent les combattants, non pas par choix mais par désœuvrement et absence de perspective, effacent tout sentiment d’humanité.

Les tests sanguins indiquèrent une parfaite compatibilité entre l’homme armé et le misérable, et l’on procéda à la transfusion salvatrice.

Les deux en furent métamorphosés. Chaque jour, l’homme armé s’est enquit des progrès du misérable.

Des deux métamorphoses, j’ignore laquelle fut la plus réjouissante !

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Le Moine et l’Insurgé

avril 1st, 2008 by valerie

Ce matin, sur la route poussiéreuse et rouge qui descend de la maison à l’hôpital de Batangafo, en République centrafricaine, je suis un homme, frêle comme un insecte, qui porte une houe sur l’épaule, une chemise crasseuse et un trou ridicule dans le pantalon.

Je le dépasse, arrive à sa hauteur et le salue.

- Bonjour, mon docteur !

Et après un moment d’hésitation :

- Y a pas des biscuits, papa ?

Je n’ai jamais vu cet homme dont le salut me réveille pour de bon.

Entendre d’un adulte la même question que des dizaines d’enfants rieurs vous adressent si souvent sur le chemin, donne brutalement à cette interrogation une couleur pathétique.

Tout est fracture entre nous. Je n’ai pas de biscuits en poche, seulement une clé USB sur laquelle j’ai enregistré l’exposé “PowerPoint” destiné aux médecins centrafricains cet après-midi. Je n’ai pas faim et pas de trou dans le pantalon.

Je ne connaîtrai pas non plus son histoire puisque après un petit - Désolé, je n’ai rien sur moi -, j’ai pressé le pas.

Nous sommes à des années lumière l’un de l’autre et pourtant sur le même chemin. Peut-être fait-il partie de ces milliers de paysans du nord-ouest qui ont vu leur maison incendiée près d’ici, ont été rançonnés par les rebelles, ont subi les représailles et les exactions de l’armée, et finalement ont été dépouillés par quelques bandits de grand chemin. Je ne veux pas m’étendre ici sur les mécanismes internes de la clochardisation totale de la population du nord-ouest. Simplement dire une fois de plus la fracture intenable entre eux et nous.

Comment réparer cette dislocation qui défigure notre monde ? (En 2006, 854 millions de personnes - un homme sur six - ont été sous-alimentées. World Food Report. FAO 2006)

Deux options se présentent: l’insurgé qui ouvre pour une transformation par l’extérieur, une réorganisation radicale, au besoin violente, de la production et de la distribution des biens, et le moine qui table sur une transformation intérieure qui fera s’épanouir la compassion universelle.

On a déjà tout essayé en vain. Entre révolution collective et conversion personnelle, y a-t-il une place pour une troisième voie ?
Pour ma part, je garde un faible pour le moine et celui qui a écrit cette phrase sublime et évidente à la fois: “Toute la spiritualité du monde tient dans le geste de donner à manger à celui qui a faim.”
 

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La vérité est ailleurs!

février 27th, 2008 by valerie

Voici déjà la fin de mon court séjour au Pakistan, et donc mon dernier billet oriental.
Il s’agissait d’organiser au mieux le projet chirurgical de MSF dans le district de Malakand, assurer la sécurité des patients, vérifier les protocoles, choisir nos collaborateurs nationaux.

Si l’on veut obtenir des résultats satisfaisants, la rigueur chirurgicale ne peut faire de concessions aux us et coutumes locales. Elle est aussi, si j’ose dire, sans frontières.
Depuis près de trois semaines, le bloc opératoire est ouvert. Sans atteindre le niveau des meilleurs centres européens, il dépasse largement celui rencontré généralement en Afrique. Depuis l’ouverture, l’activité montre déjà une nette tendance à la croissance.

Dans notre structure, les soins sont gratuits. L’accès aux soins pour tous, vous le savez, est un droit fondamental pour MSF. Manifestement, beaucoup de gens ici ne peuvent s’offrir des soins chirurgicaux de qualité qui, outre qu’ils soient coûteux, ne sont disponibles qu’à Mardan ou Peshawar, soit plusieurs heures de route.

Que retiendrais-je de ma fugace visite au Pakistan ?
Pour le bonheur, je garde l’image d’une petite patiente de 6 ans qui, précautionneusement, refait ses premiers pas sur le dallage glacé de sa chambre. Elle a été admise en urgence trois jours plus tôt pour blessure par balle de l’abdomen ayant entraîné une rupture du foie et du rein. Elle saigne activement. La vie est menacée. Elle sera réanimée, opérée, recousue dans les meilleurs délais. Le regard reste grave. Il faudra aussi raccommoder son âme abîmée.

Sauver la vie d’autrui donne-t-il du sens à la sienne ? Du bonheur, certainement ! Du sens, cela est moins clair. Qu’il suffise de regarder la nuit, par-dessus les montagnes, le ciel étoilé qui brille ici plus intensément. Le sens est ailleurs, n’est-ce pas ?

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Urgence du dialogue

février 18th, 2008 by valerie

Il serait faux de dire que nous percevons ici, à Dargai, dans les provinces troublées du nord-ouest, the North West Frontiers Provinces, la fièvre électorale grandissante tant nous restons calfeutrés chez nous, les seules sorties autorisées étant l’hôpital ou le bureau. Les nouvelles nous parviennent au travers du même écran TV que les vôtres et nous ne sommes guerre mieux informés, sinon moins.
Nous croisons donc les doigts en ce jour des élections : Que rien ne vienne accabler davantage ce pays !

Mise à part la pression américaine sur Musharraf pour combattre le terrorisme, l’impression est qu’il s’agit avant tout d’une affaire pakistanaise. La violence exaltée entre les divers groupes religieux, l’animosité séculaire entre les ethnies, mues par des forces centrifuges, et le réveil de vieilles querelles produisent une spirale de violence insensée.
 

La mission MSF à Dargai me semble particulière en ce sens qu’il me paraît difficile de jouer ici la même musique humanitaire qu’en Afrique, à savoir celle de “la pitié à distance”, pour reprendre l’expression de L. Boltansky, où un belle photo exalterait votre émotion et votre sens esthétique, accompagnée, plus rarement, d’un court texte vous expliquant comment on en est arrivé là.

Cette mission se justifie davantage par son appel à la compréhension à distance d’une culture radicalement différente que par un appel à la pitié, plus par son appel urgent à créer des passerelles entre nous que celui à participer à un secours universel.
On en revient une fois encore à l’urgence du dialogue !

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Respect des croyances

février 15th, 2008 by valerie

J’aimerais évoquer avec vous la question qui saute aux yeux de l’occidental arrivant ici, dans une zone où s’épanouit un islamisme plutôt fondamentaliste et radical.
Jusqu’où peut-on, sans se renier, concéder pour exprimer le respect des croyances d’autrui ?

Quelques exemples : MSF conseille, par écrit, à tout nouvel expatrié arrivant sur le terrain de répondre “Je crois en Dieu”, si la question lui est posée. Les employés nationaux MSF suspendent plusieurs fois par jour leur travail pour prier selon les prescriptions du Coran. Les expatriées sont priées de se couvrir la tête, les bras jusqu’aux poignets et les jambes jusqu’aux chevilles. Moi-même, bigot invétéré, je me suis interdit d’emporter mon crucifix portatif dans les bagages (ainsi qu’une traditionnelle bouteille de whisky, d’ailleurs) pour éviter toute polémique à la douane.

Tout ceci pourrait faire l’objet de longs débats. Pour ma part, je crois que si l’intolérance restait ainsi largement partagée (je ne tolère pas l’intolérance), nous risquerions non seulement de ne pas aller très loin dans le dialogue dont je vous parlais précédemment, mais aussi de ne jamais atteindre notre objectif premier : l’aide médicale aux victimes et aux plus démunis.

Nous sommes issus, pour la plupart d’entre nous, d’une culture sortie récemment des religions, laïcisée à force d’avoir humaniser le divin et diviniser l’humain, et qui considère la religion comme un sujet exclusivement personnel. N’est-il pas plus aisé pour nous de tolérer les pratiques, les prescriptions et les codes en rigueur au Pakistan que pour eux d’accepter les mœurs européens dont nous ferions ici l’étalage ?

Ceux qui envisagent la réédition des “cartoons” de Mohamed et la sortie du film anti-islamique hollandais, feraient bien de se poser préalablement la question.
Me suis-je suffisamment justifié ?

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Premiers contacts

février 13th, 2008 by valerie

Dargaï est une petite ville de la plaine d’où l’on voit les premiers contreforts des montagnes qui, plus loin, vont culminer à plusieurs milliers de mètres. C’est une ville de passage où fleurit le petit commerce étalé tout au long de la route principale qui la traverse et relie Islamabad à Bath Kela, la capitale du district.

L’ancien hôpital a été intentionnellement démoli pour y reconstruire un bâtiment plus moderne. Dans l’intervalle, quelques locaux attenants ont été aménagés pour recevoir les patients. MSF a réhabilité certains d’entre eux, notamment la salle d’urgence et une maternité, déjà opérationnelles, et le bloc opératoire qui vient de s’ouvrir.

Les premiers contacts avec le personnel national ont été marqués par l’enthousiasme et de chaleureuses paroles de bienvenue. L’attitude des quelques malades examinés, impressionnés par la présence inhabituelle d’un étranger, est également empreinte de respect et de gratitude.

A première vue donc, il existe une fracture dans la perception de ce petit monde proche que nous côtoyons au quotidien et celle du Pakistan dans son ensemble dont le nom seul éveille pour nous des réalités peu engageantes : talibans, al Qaïda,  zones tribales, attaques suicides. Une prudence élémentaire nous oblige à prendre aussi en compte cette réalité là, et donc à adopter un profil bas : aucun signe extérieur de notre présence et limitation des mouvements au strict nécessaire entre notre maison et l’hôpital. C’est très frustrant de ne pouvoir se mélanger à la population locale ou simplement marcher en rue pour raison de sécurité et, en quelque sorte, d’agir comme si nous étions des malfaiteurs !
Patience dans l’azur bleu, le monde ne s’est pas fait en un jour.

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Dialogue entre civilisations?

février 9th, 2008 by valerie

Dargaï est une petite ville de 30.000 habitants située dans le district de Malakand qui borde les fameuses zones tribales qui échappent au contrôle du gouvernement pakistanais. Outre des soins de santé primaire dispensés dans les villages voisins, MSF a décidé d’offrir à Dargaï des soins de santé de second échelon, à savoir une maternité, une salle d’urgences et un service de chirurgie. Ce dernier, qui va s’ouvrir dans quelques jours, est la raison de ma présence ici.

La proximité de l’Afghanistan et l’instabilité de la région, sans compter les désastres naturels (le tremblement de terre au Cachemire, les inondations au Balûchistân), justifient sans doute, à elles seules, notre présence ici.

Promouvoir des échanges, partager un travail commun, construire des ponts entre  nos deux civilisations qui peinent chaque jour davantage à se parler et à se comprendre, est aussi une justification en soi, une autre urgence et certainement le mandat d’une organisation qui prône le “sansfrontièrisme”.

Alors, le dialogue entre civilisations est-il une utopie, un mythe contemporain, un cri de détresse ou un objectif réalisable ? J’espère que la suite montrera qu’à notre petit échelon et dans la réalité quotidienne, la deuxième proposition est vraie.

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